Les quenouilles de mon enfance
Dernière mise à jour : 16 août
Un souvenir de route, de nature et de tendres visites chez mes grands-parents.
Lorsque j’étais enfant, nous allions souvent rendre visite à mes grands-parents maternels. Nous partions de Verchères, empruntions l’autoroute 30, puis poursuivions notre chemin jusqu’à Saint-Roch-de-Richelieu.
Du haut de ma petite taille, je regardais par la fenêtre de côté et voyais le paysage défiler. Il y avait des arbres, des champs et des fossés. Mais ce qui attirait surtout mon regard, c’étaient les quenouilles.

Elles piquaient ma curiosité. Je les trouvais tellement belles, droites et fières. Je demandais toujours à mes parents de s’arrêter pour que nous puissions en rapporter à la maison. La plupart du temps, ils le faisaient.
Nous déposions ensuite les quenouilles dans un vase. Elles demeuraient belles longtemps, parfois même jusqu’à notre prochaine cueillette.
J’adorais mes grands-parents. Ma grand-mère cueillait des champignons, des mûres et des framboises dans le champ situé devant chez elle. Mon grand-père, lui, prenait soin de son petit boisé derrière la maison. Lorsqu’il arrachait de mauvaises herbes, il les enterrait à l’envers.
« Du compost », me disait-il.
L’appréciation de la nature était donc un lien que je partageais avec eux. Je crois qu’une partie de mon amour du vivant s’est aussi construite là, entre les cueillettes de ma grand-mère, le petit boisé de mon grand-père et les quenouilles qui bordaient le chemin menant jusqu’à eux.
Depuis longtemps, je n’en voyais presque plus le long des routes. Alors, quelle surprise d’en découvrir ici, sur notre terrain.
En les retrouvant, j’ai retrouvé avec elles un souvenir d’enfance : le paysage aperçu par la fenêtre, les quenouilles rapportées à la maison et, surtout, le bonheur de partir rendre visite à mes grands-parents.
